Traduction française fournie à titre informatif. L’original russe fait foi.
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Nouveauté dans la base9 juin 2026

Arrêt de la Cour constitutionnelle de la Fédération de Russie n° 38-П : délai pour présenter des demandes concernant les défauts d’un bien

Analyse préparée par le service CasusLegal

Arrêt de la Cour constitutionnelle de la Fédération de Russie du 9 juin 2026 n° 38-П dans l’affaire relative au contrôle de la constitutionnalité du paragraphe 2 de l’article 1, de l’article 12 et du paragraphe 2 de l’article 477 du Code civil de la Fédération de Russie, à la suite de la plainte de la citoyenne Nadiya Vladimirovna Batrakova. Par cet arrêt, le paragraphe 2 de l’article 477 du Code civil de la Fédération de Russie, qui prévoit un délai de deux ans, a été déclaré inconstitutionnel en raison de son caractère incertain : il n’était pas clair si des demandes pouvaient être présentées après l’expiration de ce délai lorsque les défauts avaient été découverts pendant celui-ci.

En bref

Faits de l’affaire

L’acheteuse a acquis un local non résidentiel, puis a découvert des infiltrations systématiques et demandé en justice la résolution du contrat. Sa demande a été accueillie, mais les juridictions supérieures l’ont rejetée, estimant qu’elle avait présenté sa réclamation concernant les défauts après l’expiration du délai de deux ans prévu au paragraphe 2 de l’article 477 du Code civil de la Fédération de Russie — attribuant ainsi, en pratique, à ce délai la portée d’un délai de prescription pour la présentation des demandes ; la Cour suprême de la Fédération de Russie a refusé de transmettre le recours.

Position de la Cour constitutionnelle

La Cour constitutionnelle part du principe que le droit à la protection juridictionnelle (article 46, première partie, de la Constitution de la Fédération de Russie) s’exerce selon les modalités et aux conditions fixées tant par le droit procédural que par le droit matériel ; le droit matériel peut définir les mesures de protection disponibles et les conditions d’accueil des demandes, en tenant compte de l’équilibre des intérêts des parties. En matière de vente, le vendeur supporte en règle générale, pendant une certaine période, le risque de manifestation de défauts cachés du bien apparus avant sa remise (article 476 du Code civil de la Fédération de Russie).

Pour les cas où aucun délai de garantie ou de durée de conservation n’est fixé pour le bien, le paragraphe 2 de l’article 477 du Code civil de la Fédération de Russie prévoit un délai raisonnable — mais limité à deux ans — pendant lequel la découverte de défauts permet d’en imputer les conséquences au vendeur. Par sa finalité, il s’agit d’un délai pour découvrir les défauts, et non d’un délai de prescription : à compter de la découverte du défaut, l’acheteur prend connaissance de la violation de son droit et le délai général de prescription de trois ans commence à courir (articles 196 et 200 du Code civil de la Fédération de Russie). Les ordonnances antérieures de la Cour relatives à l’application de l’article 477 du Code civil de la Fédération de Russie l’avaient également indiqué.

Cependant, deux approches incompatibles se sont développées dans la jurisprudence. Selon la première (retenue dans l’ordonnance du Collège judiciaire des litiges économiques de la Cour suprême de la Fédération de Russie n° 306-ЭС25-1348 et au paragraphe 16 de la Synthèse n° 4 (2025)), la saisine du tribunal par l’acheteur après l’expiration du délai de deux ans ne le prive pas de son droit à la protection, à condition qu’il soit prouvé que les défauts ont été découverts pendant ce délai. Selon la seconde (retenue dans la synthèse de la jurisprudence relative à la protection des droits des consommateurs), ce délai est considéré comme un délai préclusif pour la présentation des demandes elles-mêmes, c’est-à-dire, en pratique, comme un délai de prescription.

La Cour a indiqué que le cumul du délai de découverte des défauts et du délai de prescription ultérieur de trois ans pouvait, au maximum, approcher cinq ans, période pendant laquelle le vendeur demeure dans une situation d’incertitude. Puisque les défauts peuvent être inconnus même d’un vendeur diligent, ce cumul est susceptible de rompre l’équilibre des intérêts des parties, ce qui explique la divergence de la jurisprudence.

Dès lors que l’une et l’autre interprétations de la norme reposent sur des fondements raisonnables et compatibles avec la Constitution de la Fédération de Russie, l’incertitude ne peut être éliminée par une interprétation constitutionnelle et juridique. Au regard des exigences de sécurité juridique (articles 15 et 19 de la Constitution de la Fédération de Russie ; auparavant, arrêts n° 16-П et n° 18-П), cette incertitude insurmontable porte atteinte au droit à la protection juridictionnelle et au droit de propriété ; la norme a donc été déclarée inconstitutionnelle. La procédure concernant le paragraphe 2 de l’article 1 et l’article 12 du Code civil de la Fédération de Russie a été abandonnée comme irrecevable.

Portée et incidence sur la jurisprudence

L’expiration du délai prévu au paragraphe 2 de l’article 477 du Code civil de la Fédération de Russie ne prive pas, à elle seule, l’acheteur du droit d’agir en justice si les défauts ont été découverts pendant ce délai : l’élément déterminant est le moment de leur découverte et la notification du vendeur. Il appartient au législateur fédéral de préciser la réglementation.

Jusqu’à la modification de la loi, le régime transitoire établi par la Cour s’applique : les demandes concernant des défauts découverts pendant le délai prévu au paragraphe 2 de l’article 477 du Code civil de la Fédération de Russie peuvent être présentées même après son expiration, pendant le délai de prescription calculé à compter du moment où les défauts ont été ou auraient dû être découverts. La date de découverte est déterminée en tenant compte de la date de notification du vendeur (paragraphe 1 de l’article 483 du Code civil de la Fédération de Russie), sauf preuve contraire ; en l’absence de notification ou en cas de notification tardive, la charge de prouver que les défauts ont été découverts pendant le délai incombe à l’acheteur.

Pour les tribunaux, cela exclut de rejeter une action au seul motif du dépassement du délai de deux ans : l’élément déterminant devient le moment de la découverte du défaut et le caractère ponctuel de la notification du vendeur, et non la date de présentation de la demande. Pour les acteurs économiques, il devient plus important de documenter le fait et la date de découverte des défauts ainsi que l’envoi de la notification au vendeur.

L’affaire de la requérante doit être réexaminée selon les règles établies. Il appartient au législateur fédéral de préciser la réglementation, tout en pouvant prévoir des différences justifiées selon les particularités du bien, la qualité des parties et les autres circonstances.

Analyse préparée à partir des documents de la base CasusLegal (jurisprudence des juridictions supérieures de la Fédération de Russie). Les intitulés des actes mentionnés renvoient à leur texte intégral dans CasusLegal.

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